Peau et bijoux : allergies, nickel et alliages

Peau et bijoux : allergies, nickel et alliages

Une rougeur sous le bracelet de montre, des lobes qui démangent après une soirée en boucles fantaisie, une trace verte au doigt : les réactions de la peau aux bijoux sont fréquentes et souvent mal comprises. On accuse volontiers « le métal » en général, alors que le coupable est généralement précis. Voici les questions que l’on se pose le plus souvent, avec des réponses informatives. Elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin, seul à même de poser un diagnostic.

Pourquoi certains bijoux font-ils réagir la peau ?

Le mécanisme le plus connu est l’allergie de contact : au fil des expositions, l’organisme se sensibilise à une substance, puis réagit à chaque nouveau contact par un eczéma localisé. Parmi les métaux, le nickel est de loin le plus souvent en cause dans ce type d’allergie. On le trouve dans de nombreux alliages, des bijoux fantaisie aux boucles de ceinture en passant par certains boutons de jean.

Il existe aussi des irritations sans allergie : transpiration piégée sous une bague large, frottement, résidus de savon ou de crème coincés contre la peau. La distinction entre les deux relève d’un professionnel de santé ; un dermatologue ou un allergologue peut notamment proposer des tests épicutanés.

Que dit la réglementation sur le nickel ?

En Europe, le règlement REACH limite la quantité de nickel qu’un objet destiné à un contact direct et prolongé avec la peau peut libérer. Le seuil est de 0,5 microgramme par centimètre carré par semaine pour les bijoux et objets du quotidien, et de 0,2 microgramme pour les tiges de piercing insérées dans la peau percée.

Ces limites ont nettement réduit l’exposition, mais elles ne garantissent pas l’absence de réaction chez les personnes déjà très sensibilisées. Et les bijoux achetés hors des circuits contrôlés, sur certaines plateformes ou places de marché lointaines, ne les respectent pas toujours.

L’or est-il sans risque ?

L’or pur est très peu réactif. Mais les bijoux sont faits d’alliages, et c’est là que tout se joue.

  • L’or jaune 18 carats contient 75 % d’or, complété le plus souvent par de l’argent et du cuivre. Il est généralement bien toléré.
  • L’or blanc peut contenir du palladium ou, selon les fabricants et les pays, du nickel. Il est aussi souvent rhodié en surface : tant que la couche de rhodium est intacte, le contact avec l’alliage est limité.
  • Les titres plus bas (14 ou 9 carats) comportent davantage de métaux d’alliage.
  • Le plaqué or ne met la peau en contact avec l’or que tant que la couche superficielle tient ; en dessous, le métal de base peut contenir du nickel ou du laiton.

Demander la composition exacte d’un alliage à son bijoutier reste le réflexe le plus utile.

Et l’argent, l’acier, le titane ?

L’argent 925 est allié à 7,5 % d’autres métaux, en général du cuivre. La trace noire ou verdâtre qu’il laisse parfois vient de l’oxydation et n’est pas en soi le signe d’une allergie.

L’acier inoxydable dit chirurgical, comme le 316L, contient du nickel, mais il en libère peu, car le métal est piégé dans la structure de l’alliage. Le titane de qualité implant et le niobium sont souvent cités pour les premiers piercings, précisément parce qu’ils ne contiennent pas de nickel. Pour les personnes allergiques, le choix d’un matériau de piercing mérite d’être discuté avec le perceur et, au besoin, avec un médecin.

Que faire des bijoux que l’on ne peut plus porter ?

C’est la question pratique qui suit souvent un diagnostic d’allergie : une boîte de boucles d’oreilles, une gourmette en or blanc offerte il y a vingt ans, des créoles plaquées devenues inutilisables. Plusieurs options existent. Un bijoutier peut parfois refaire un rhodiage ou remplacer une tige de boucle par un métal mieux toléré. Les pièces en or massif peuvent aussi être refondues pour une création dans un autre alliage.

Enfin, pour les bijoux en or qui ne seront plus jamais portés, un service de rachat de bijoux en or permet d’en récupérer la valeur du métal après pesée et contrôle du titre. Le plaqué or, en revanche, n’a quasiment pas de valeur de revente : un professionnel sérieux le dira avant toute transaction.

Quels réflexes au quotidien ?

Quelques habitudes limitent les frottements et la macération, quels que soient les métaux : retirer ses bagues pour se laver les mains et appliquer sa crème, sécher la peau avant de remettre un bracelet, ne pas dormir avec des boucles d’oreilles serrées, nettoyer régulièrement les bijoux portés contre la peau.

Les produits appliqués autour des bijoux jouent aussi un rôle dans l’inconfort cutané. Si votre peau est réactive, consultez notre liste des ingrédients cosmétiques à éviter sur peau sensible, puis faites le point avec un dermatologue si les réactions persistent.